Chateau belles Filles, vin de Bergerac
vin de Bergerac
Les plantes compagnes

LES PLANTES COMPAGNES

 

 

Ce projet est un de ceux qui nous tient le plus à cœur, il sera l’aboutissement du développement de notre technique.

L’idée est simple : la nature nous offre tout ce dont nous avons besoin, il suffit de savoir interpréter son langage, un peu à la maniere de la découverte de la lecture. Avant de savoir lire, un livre n’est qu’une suite de caractères inintéressants, sans aucun attrait. Celui qui a appris, y trouve une source d’enrichissement extraordinaire, sa vie change, sa vision du monde aussi.

Il en est de même avec les plantes compagnes : pour le quidam moyen, une herbe n’est qu’une herbe, et ne le dérange pas tant qu’elle n’est pas envahissante, si cela devient le cas, un bon coup de désherbant, et on n’en parle plus.

Pour nous, qui apprenons tout juste à lire la nature, la présence de certaines plantes indique de façon très claire l’état dans lequel se trouve notre sol, que ce soit d’un point de vue physique, chimique, ou biologique. Je vous renvois au meilleur ouvrage que je connaisse en la matière :

L’encyclopédie des plantes bio indicatrices aux éditions Promonature ( www.promonature.com)

 

En préambule, il faut noter qu’une indication par les plantes n’est valable qu’a partir d’un certain nombre de sujet, ce n’est pas parce que vous aurez un pied de rumex devant vous, que vous pourrez dire que votre sol est humide, froid avec une tendance a l’hydromorphisme et un blocage du phosphore. L’appréciation se fait au cas par cas, et c’est la pratique qui permet d’appréhender l’analyse. Je vous conseille de toujours valider vos résultats par une analyse traditionnelle.

En relevant la présence forte d’une espèce, vous pourrez  déterminer avec une très grande précision la variabilité de vos sols, bien plus sûrement que par prélèvement de sols. Vous pourrez dresser la carte  bio de votre terrain.

Quelques exemples :

La prêle : indique des sols profonds, humide, froid et  déstructurés.

L’ortie : sols engorgés en matière organique, riche en fer de décomposition (c’est pour cela qu’on la retrouve souvent prés des décharges)

Le pissenlit : si présence faible a moyenne, indique un taux de matière organique satisfaisant, si envahissant, vous pouvez avoir la certitude d’un blocage de la matiere organique liés a un excès.

L’excès provoque des symptômes similaire a ceux de la carence. Vous pouvez le verifier par l’expérience suivante, facile a réaliser : prenez une plante en pot, arreter de l’arroser, vous observerez que ses feuilles s’enroulent, que la tête baisse et la plante finis par mourir. Faites l’inverse, plongez la plante dans un seau d’eau, laissez la quelques jours, vous constaterez les mêmes résultats.

Pour cette raison, il faut toujours se méfier d’une analyse trop rapide et succincte.

Les exemples que je donne ne sont qu’une infime partie de ce qu’il est possible d’apprendre.

 

Il y a une autre façon d’utiliser les plantes, si elles nous indiquent l’état de notre environnement, elles peuvent aussi nous aider. Nous le faisons en partie par l’utilisation des purins et décoctions, mais il y a un domaine encore plus encourageant :

Les plantes compagnes

 

La vigne vit dans un milieu que l’on peut améliorer, soit par le travail du sol ou par l’épandage de compost, ect. Il y a une autre alternative, plus efficace, c’est l’implantation  de plantes qui vont travailler pour nous

Un exemple

La luzerne : cette légumineuse a une racine pivot très performante, profonde. La luzerne est une pompe a eau ultra efficace, elle nous permet de gérer les excès d’eau, et les sècheresses. Pendant les périodes pluvieuse, nous la laissons grandir, elle stocke l’eau, et évite l’engorgement du sol. Des la fin des pluies, nous la fauchons, elle restitue alors une partie de l’eau stocké. Ses racines profondes, obligent la vigne à descendre les siennes  plus bas, et elle devient alors moins sensible aux variations du climat. Ce n’est pas tout, la luzerne vit en symbiose avec une bactérie (rhizobium bacterium) qu’elle héberge dans des nodules. Ces bactéries en mourrant relâche de l’azote dans le sol, jusqu'à 15 unités par ha et  par an, soit une économie de 35 kg d’urée annuelle.(les nitrates)

Attention, la luzerne est adapté a notre situation, elle ne l’est pas forcement a toutes. Nous vous la déconseillons fortement sur des sols peu profonds, car elle se comporterait comme une concurrente de vos pieds de vignes, jusqu'à l’asphyxie du vignoble. Le trèfle sera plus approprié dans ce cas.

Le comique de l’histoire, c’est que les technico-commerciaux crient au scandale si on leurs parle de légumineuses dans les vignes, pour eux, c’est une aberration, les vignes ne doivent être enherbé que de petite fétuque, facile à faucher, et peu gourmande en eau.

Nous souhaitons aller plus loin, par l’implantation de plantes visant a aider les auxiliaires de la vigne, en effet par des fauches répétitives, nous empêchons les plantes de fleurir, hors, de quoi se nourrissent les auxiliaires quand la vigne n’est  pas en production : de miellat . si il n’y en a pas de disponible, ils migrent vers les parcelles voisines ou disparaissent. L’idée est de créer une réserve pour  nos auxiliaires, leur offrir en quelque sorte le gîte et le couvert en échange de leur précieuse aide.

Nous en sommes encore au stade de l’étude, et je n’ai pas de recul sur la faisabilité de ce projet. D’ici 2 ans nous pourrons tirer les premières conclusions,  il faut réaliser des comptages long et fastidieux, mais indispensable pour valider ce concept.

Pissenlit