Chateau belles Filles, vin de Bergerac
vin du Sud Ouest
Les déchets

 

LES DECHETS : REFUS DU MOINDRE REJET DANS LA NATURE

 

 

Encore un sujet que personne n’aime aborder. Trop sensible, trop contraignant, et pas du tout commercial. Parler des déchets liés à l’agriculture fait bondir les bien-pensants, les adeptes du « tout est beau, tout est bien chez nous ». La langue de bois ne faisant pas partie de nos options, nous prenons le risque de l’évoquer, même si cela bouscule un peu.

Pour produire un litre de vin, il faut en moyenne 3 à 4 litres d’eau, qui sont utilisés lors des fréquents nettoyages. La législation n’est pas très regardante, voire franchement hypocrite en la matière, la loi dit que nous devons traiter l’ensemble de nos déchets, mais à ce jour, elle n’est pas appliquée. Le législateur préfère nous envoyer ses chiens de garde pour vérifier que nous avons bien inscrit le montant de nos revenus dans la case b de l’alinéa trois du formulaire c152, ou que la plaque minéralogique  est bien à la bonne hauteur sur l’aile du tracteur, et surtout qu’elle ne soit pas tachée de boue, des fois que nous depassions la vitesse limite dans les champs.

En fait chacun fait ce qui lui plait, et tout le monde tourne la tête pour ne pas voir le problème. La réalité est plus gênante, les désinfectants utilisés dans les chais sont rejetés dans la nature après avoir fait leurs offices.

Le respect de l’environnement nous impose de recycler ces eaux de lavages, depuis 4 ans nous pratiquons cette politique, nous sommes les premiers en aquitaine à avoir installé une citerne souple de récupération des eaux usées, sans pour l’instant avoir abouti a un résultat qui nous satisfasse pleinement.

L’épandage des eaux de lavage est à notre avis, simplement une façon de déplacer le problème. La mise en place d’une station d’épuration est beaucoup trop onéreuse, la collecte vers une station d’épuration commune, est, elle, trop contraignante. La seule solution consisterais en l’installation de lagunes d’évaporation, avec implantation de plantes filtres. Avant d’en arriver là, nous souhaitons tester une autre option : utiliser les eaux de lavage pour arroser le tas de compost (la fermentation nécessite beaucoup d’eau) la teneur en désinfectant est trop faible pour gêner les bactéries de décomposition, et le compost fera office de filtre naturel. Nous avons dans ce but installé une canalisation qui relie notre citerne à la station de compostage. Les premiers essais sont prévus pour les vendanges 2007.

 

La gestion des déchets passe aussi par une gestion des fonds de cuve de traitement. La loi nous demande de les épandre dans les vignes. Encore une fois le législateur ferme les yeux. Tous les viticulteurs rejettent dans le fossé les fonds de cuve, tout le monde le sait, et tout le monde se tait.
Nous pratiquons différemment, nous avons installés 2 cuves de récupération, une pour les eaux de traitements, une pour les herbicides. Nous réutilisons d’une fois sur l’autre ces eaux dans le pulvérisateur, non seulement plus aucun rejet, mais plus aucun gaspillage non plus.

Nous trions nos déchets bien sûr :
- chaque bidon plastique est envoyé au recyclage.
- les vielles palettes sont brulées dans notre poële.